Au centre du Jebel al-ʿArab, les plus hauts villages permanents de l’Auranitide antique ont livré près de 300 inscriptions grecques (et quelques latines) où l’on retrouve souvent les mêmes thèmes que dans les autres régions du Ḥaurān. Le haut plateau, partagé d’abord entre la province romaine de Syrie au nord (jusqu’à Ṣalāḥ et Rusheideh au moins), et le territoire de Bostra et la province d’Arabie au Sud (depuis sa création en 106), fut réunifié lorsque les Sévères reportèrent la frontière de l’Arabie au nord du Trachôn (Lejā). L’originalité de ce secteur vient d’abord de l’importance du sanctuaire de Mushennef, où Athéna joue un rôle majeur aux côtés d’un Zeus local ; ce lieu de culte attire des pèlerins venus de toute la région et d’au-delà. Par ailleurs, la présence de militaires et de vétérans, ainsi que d’auxiliaires arabes, rappelle que l’on est en bordure de la frontière steppique qui s’étend, à l’est, en contrebas du massif montagneux : des camps, des fortins et des tours, attestés par l’épigraphie ou l’archéologie, le confirment. Enfin, à côté des sédentaires villageois s’affirme aussi la présence des nomades de la ḥarra qui ont laissé non seulement de nombreuses inscriptions safaïtiques à proximité des villages, mais aussi quelques textes grecs sur les rochers de la steppe.
Index et bibliographie actualisés des fascicules 1-4 du tome 16 des IGLS
Cet ouvrage réunit une série de dix-neuf études qui gravitent autour des travaux de Jean-Pierre Guilhembet, témoignant de la fécondité d’une œuvre scientifique inspirante. À travers ce parcours se dessine aussi le chemin d’un historien modèle d’humanité et de rigueur. Un premier temps du propos, consacré à la topographie de Rome, rappelle l’attachement du dédicataire à la Ville éternelle. Un deuxième ensemble de chapitres met en lumière une approche originale de l’histoire politique de la Rome antique, nourrie de sociologie et de géographie. C’est enfin le goût de Jean-Pierre Guilhembet pour l’exploration de territoires qui dépassent la seule Antiquité romaine qui est mis en exergue au sein des deux dernières sections.
La cruauté des Romains est symbolisée, au même titre que les combats de gladiateurs, par une forme particulière de sanction pénale : la condamnation aux bêtes, qui consistait à déléguer à un animal (lion, léopard, ours, taureau ou encore sanglier) la mise à mort d’un criminel dans l’arène. Sa représentation a été brouillée par des stéréotypes dus, notamment, à la littérature chrétienne, au point d’être condensée en une expression : « les chrétiens aux lions ! ».
Était ainsi figée l’image de cette exécution spectaculaire. L’étude précise de ce supplice, en vigueur de l’époque hellénistique à l’Antiquité tardive, révèle cependant une réalité bien moins uniforme mais très instructive sur la justice dans l’Empire romain, sur la société romaine ou encore sur la conception que l’on se faisait des animaux produits dans l’arène.
La condamnation aux bêtes, socialement inégalitaire puisqu’elle s’applique aux esclaves, aux prisonniers de guerre ou aux couches les plus modestes de la société, a pour objet d’exclure le condamné de la cité, en le rejetant dans le monde de la sauvagerie. Les animaux y sont traités comme des acteurs à part entière d’une exécution pénale dont l’issue leur appartient. Elle offre au public un spectacle témoignant de la puissance de Rome, dans lequel le corps des pires criminels est mis en scène afin d’inspirer un sentiment ambigu d’effroi mêlé de volupté. Ce supplice prend en outre une coloration toute particulière quand il est appliqué aux chrétiens, soumis, par l’entremise de l’animal, à une forme de justice divine.
Mireille Corbier (
La revue Archimède. Archéologie et histoire ancienne, dirigée par Sandra Boehringer, est une revue scientifique à comité de lecture qui favorise les collaborations scientifiques entre historiens, archéologues et philologues, en s’ouvrant au champ des sciences sociales et de l’anthropologie culturelle, de la préhistoire à Byzance. Les contributions sont évaluées selon une double expertise en aveugle (peer review, voir la procédure ici).
Dans ce treizième numéro (réd. en chef : Paul Ernst), le premier dossier, dirigé par Mathias Nicolleau, s’intitule « Un Romain ne devrait pas ressentir ça… La transgression des normes émotionnelles dans la Rome antique ». Depuis le tournant du millénaire, les émotions sont étudiées comme des constructions sociales et culturelles. Chaque groupe social tend à valoriser certaines émotions au détriment d’autres, à en réguler le contexte et les formes d’expression. Les contributions de ce dossier approfondissent ce rôle social des émotions dans la Rome antique, à travers l’étude de cas transgressifs où certains groupes ou individus n’ont pas exprimé les émotions attendues de leur part mais ont manifesté d’autres émotions jugées inappropriées au regard de leur statut ou du contexte.
Le second dossier, dirigé par Audrey Vasselin, Elisa Le Bail et Matilde Garré, « Les noms propres en Méditerranée ancienne : intraduits ou intraduisibles ? », s’articule autour de la question : les noms propres sont-ils traduisibles, ou relèvent-ils, pour partie, de ce que l’on peut appeler des « intraduisibles » ? Le dossier vise non seulement à souligner des difficultés liées à la possibilité et à la volonté de traduire les noms propres des textes de la Méditerranée antique, mais aussi à rendre compte de solutions qui ont été adoptées face à des noms dont l’opacité sémantique ou la densité culturelle résistent à toute équivalence univoque.
Enfin, le numéro comporte également des Varia, coordonnés par Max Thomé et Laura Waldvogel.
Le sommaire de ce numéro et l’ensemble des articles sont consultables en ligne.
Fondée en mars 2005 à l’université Toulouse 2 Jean Jaurès, la revue Anabases s’intéresse à la réception de l’Antiquité, c’est-à-dire à ce qu’il advient de l’Antiquité après l’Antiquité, voire dès la période antique. La démarche de la revue Anabases consiste en une approche résolument transversale et comparatiste, selon trois modalités principales :
- la transversalité est d’abord celle de l’interdisciplinarité, puisque dans Anabases, l’histoire côtoie la philologie, l’archéologie, la philosophie, l’histoire des religions, de l’art, de la littérature, de la musique, ou encore les sciences politiques ;
- la transversalité est également géographique, touchant à des aires culturelles variées (Méditerranée, Europe, Proche et Moyen-Orient), et thématique, allant de la littérature scientifique à la culture populaire ;
- les liens transversaux sont enfin ceux tissés entre les périodes, depuis l’Antiquité jusqu’au très contemporain, en passant par Byzance et le Moyen Âge, la Renaissance et l’humanisme, les temps modernes et les révolutions.
Depuis plus de vingt ans, au rythme de deux parutions annuelles – l’une au printemps, l’autre à l’automne –, ce fil rouge de la réception est au cœur de la politique éditoriale de la revue, décliné en différentes rubriques.
- Traditions du Patrimoine antique dans laquelle l’Antiquité est appréhendée comme un legs, un ensemble d’héritages. On y retrouve par exemple des travaux sur la réception d’un auteur antique au Moyen Âge ou sur l’influence du théâtre grec sur le cinéma.
- La rubrique Archéologie des savoirs étudie les processus par lesquels les sciences et les connaissances modernes se sont façonnées dans un rapport tour à tour revendiqué, biaisé ou passé sous silence avec les héritages des Anciens. Y sont publiées notamment des études sur les antiquaires ou sur les collections.
- La troisième section, Historiographie et identités culturelles, s’appuie sur l’hypothèse que les pays ou les peuples qui ont fréquenté la Méditerranée n’ont pas tous et pas toujours entretenu le même rapport avec l’Antiquité et qu’ils ne l’ont pas étudiée selon les mêmes approches.
- Actualités et débats s’intéresse à l’actualité de la réception de l’Antiquité, tandis que les Ateliers de l’histoire rendent compte des grands chantiers historiographiques autour de la réception – ceux par exemple des « archives de savants », des « mots de l’Antiquité » ou de « l’Antiquité au musée », parmi bien d’autres exemples.
- Plus récemment, en 2014, est apparue une nouvelle rubrique, Relire les classiques des sciences de l’Antiquité, qui permet de mettre en perspective l’œuvre d’un antiquisant de la première moitié du XXe siècle qui est à cette occasion republié (dans la mesure du possible).
Le dernier numéro (43, 2026) est consultable ici.
Ce quatrième volume consacré aux « dieux d’Homère » explore les enjeux liés aux généalogies, aux parentés divines et aux discours théogoniques, trop souvent rejetés dans le domaine de la « fable ». Partant plutôt du principe que chaque naissance divine est présentée et perçue comme une sorte d’épiphanie paradigmatique, on examine ici les « structures élémentaires de la parenté » dans les récits de naissance, de filiation ou dans les généalogies des dieux. Prendre au sérieux ces récits, chez Homère, Hésiode, et au-delà, aide à comprendre le foisonnement du polythéisme et les principes qui l’organisent, dont ses généa-logiques. L’enquête collective met au jour plusieurs manières d’envisager la famille des dieux, qui ne relèvent pas de la simple projection des données humaines et interrogent le postulat du « parfait » anthropomorphisme des dieux. Les récits théogoniques « font advenir » un certain ordonnancement du kosmos : ils dessinent les articulations internes de la société divine, mais donnent aussi à voir celles qui relient le monde des dieux à celui des hommes. Les contributions rassemblées ici analysent les multiples ressorts de l’outil généalogique ainsi que sa modularité contextuelle, et mettent en lumière le rôle primordial qu’il se voit attribuer par les auteurs anciens dans les différentes manières d’architecturer le monde et ses dieux.
La Méditerranée occidentale est bordée de vastes territoires où Phéniciens et Grecs animent, dès la fin du IXe siècle avant J.-C., des échanges qui portent essentiellement sur les métaux, l’huile et le vin. De Cadix à Rome, de Carthage à Marseille, de Syracuse à Ibiza, réseaux régionaux et emporia (lieux d’échange) connectent des zones de cultures variées et donnent à la Méditerranée occidentale du viiie au ive siècle sa singularité, loin des grands empires orientaux.
Les péninsules Italique et Ibérique, la Cisalpine, l’Afrique mineure, la Gaule et les îles (Corse, Baléares, Sardaigne, Sicile, archipel maltais) connaissent alors des évolutions communes. La ville et les formes d’organisations politiques hiérarchisées, l’échange de produits, les outils de gestion (écriture et monnaie), les innovations culturelles mais aussi la diffusion et la confrontation des idées et des mythes, des techniques (dont la métallurgie) ou des styles constituent le cadre civilisationnel de la Méditerranée archaïque et la structure des expressions régionales que le collectif d’auteurs explore.
Les cautionnements de la Sorbonne sont des actes juridiques dans lesquels un individu se porte garant d’une personne engagée vis-à-vis de l’État pour une charge, certainement fiscale, liée à la brasserie, la blanchisserie, ou encore l’huilerie dans un village. Plus de 200 exemples de ce type d’actes ont été découverts à l’intérieur de décorations de momies découvertes au début du xxe siècle dans une nécropole de la région du Fayoum en Égypte. Datés du iiie siècle avant notre ère, ils constituent l’ensemble le plus important de ce genre de documents pour l’époque ptolémaïque. Rédigés en égyptien démotique et en grec, ils apportent des informations essentielles sur la population du Fayoum (hommes et femmes, Grecs et Égyptiens), sur l’économie et l’administration (fonctionnaires, montants des garanties, échelle des responsabilités) ainsi que sur les langues grecque et égyptienne (bilinguisme, transcriptions et traductions).
Cet ouvrage constitue l’une des premières enquêtes d’ensemble consacrées à l’intégration des technologies émergentes — et plus particulièrement de l’intelligence artificielle — dans l’étude des textes de l’Antiquité. En prenant pour terrain d’application privilégié le traité de la Politique d’Aristote, il met en lumière le potentiel heuristique de ces outils pour renouveler les méthodes de lecture, d’analyse et d’interprétation des sources anciennes. L’ouvrage ouvre ainsi un champ de recherche encore largement inexploré, en proposant à la fois un cadre méthodologique innovant et de nouvelles perspectives pour repenser les pratiques philologiques et historiographiques à l’ère du numérique.
« Viens, tourne-toi vers Aššur, ton dieu, et ton foyer, et que je puisse voir tes yeux tant que je suis encore en vie ! »
Ainsi parle Taram-Kubi. Cette supplique sur tablette d’argile s’adresse à son mari, un marchand assyrien. Envoyée il y a 4 000 ans depuis Assur, dans le nord de l’Irak, elle a voyagé à dos d’âne près de six semaines pour rejoindre son destinataire en Anatolie.
Elle figure dans le plus important et le plus ancien lot d’archives privées de l’humanité découvert sur le site de Kültepe, l’ancienne Kaneš, en Turquie. C’est en déchiffrant les documents comptables et juridiques, créances, contrats de mariage, de divorce ou de succession, et la correspondance de ces femmes, que l’assyriologue Cécile Michel a mis au jour leur présence, centrale, dans la civilisation assyrienne. Derrière les signes cunéiformes s’entendent les voix de Taram-Kubi, Lamassi, Zizizi, ou Nuhšatum. Elles n’étaient pas seulement les épouses, veuves, mères, sœurs et filles des marchands assyriens, mais des productrices d’étoffes pour le marché international et de redoutables femmes d’affaires. En l’absence des hommes, elles géraient leurs maisonnées, gagnaient de quoi devenir propriétaires, et pouvaient divorcer aux mêmes conditions que leurs maris…
En une vingtaine de portraits sensibles, leurs vies nous semblent, 4 000 ans plus tard, étrangement proches.
Contributeurs : Cinzia Bearzot, Emmanuèle Caire, Julien Fournier, Pascale Giovannelli-Jouanna, Anne Jacquemin, Dominique Lenfant, Estelle Oudot, Luana Quattrocelli et Paolo Tuci.
Pour la première fois, cet ouvrage réunit l’ensemble des sources grecques et latines sur l’oligarchie des Trente. Il en propose une traduction nouvelle et un commentaire approfondi. Il éclaire d’un jour nouveau l’histoire de cet épisode majeur. Qu’est-ce qui rendit possible l’abolition de la démocratie ? Quel fut le rôle de Sparte, l’ennemie victorieuse, dans le sort de ce nouveau pouvoir ? Quelles furent l’idéologie du régime et ses pratiques ? Quelles furent les réactions qu’il suscita ? Au-delà de l’enquête historique, cette approche sans précédent jette une lumière crue sur des mécanismes politiques toujours actuels et rappelle la fragilité de la démocratie et les façons d’agir de ses ennemis.
Pourquoi étudier des généalogies dont on ne possède que des bribes et dont on sait qu’elles sont tout autant un fait biologique que des constructions discursives ? Comment y parvenir en évitant à la fois l’écueil de la reconstitution positiviste et celui de la délégitimation des discours des acteurs ? Ce livre tente de répondre à ces deux questions entremêlées en appliquant en histoire ancienne les méthodes formalisées héritées de l’histoire quantitative et rattachées aujourd’hui aux humanités numériques.
L’étude porte sur les discours généalogiques produits par les descendants de Bouselos, qui se disputèrent la succession de leur cousin Hagnias mort sans enfant mâle à Athènes au ives. a.C. Cette affaire est au centre de deux discours judiciaires rédigés par Isée (Succession d’Hagnias) et le Ps.-Démosthène (Contre Makartatos). Le fait, peu fréquent, que l’on puisse encore lire deux récits contradictoires d’une même série de procès permet de comparer les portraits de famille proposés aux juges et, par-là, d’étudier les manipulations généalogiques visant à se placer le plus avantageusement dans le cercle de parents, ainsi que les discours sur la parenté rédigés pour convaincre le tribunal. Pour ce faire, l’auteure s’appuie sur une méthode formalisée reposant essentiellement sur la pratique de la visualisation croisée, ainsi nommée car elle multiplie et compare entre elles les formes visuelles que sont les arbres généalogiques, les diagrammes de structure et les graphes. Croiser les formes visuelles, comme on croise les sources, permet de mieux étudier la fabrique généalogique des acteurs, mais également celle des chercheurs qui les observent. Ce livre élabore par conséquent une méthode nouvelle pour analyser une matière généalogique partielle, partiale, incertaine et hypothétiquement reconstituée : les multiples hypothèses prosopographiques que l’on doit conserver deviennent une force pour arriver à des conclusions valables quelle que soit l’hypothèse de reconstitution choisie. Le recours aux humanités numériques, en prenant au sérieux les discours des acteurs et en déconstruisant les outils des chercheurs, permet ainsi un éclairage neuf sur l’étude de la parenté dans l’Athènes classique. Le livre est accompagné d’annexes en ligne et de notes techniques qui permettent aux lecteurs de reproduire la méthode à d’autres champs d’étude.
Cet ouvrage rassemble des textes dédiés aux épidémies anciennes en Europe et en Méditerranée. Rédigés par un groupe international de chercheurs, ils illustrent l’ensemble des disciplines aujourd’hui impliquées dans l’histoire des maladies infectieuses, c’est-à-dire à l’interface d’une part, des sciences humaines et sociales, telles l’histoire et l’archéologie, et d’autre part, de la biologie. L’ouvrage souligne d’abord la contribution devenue essentielle de l’archéologie dans la reconstruction de l’histoire ancienne des maladies pestilentielles et de leurs répercussions sociales et culturelles, tout en faisant le point sur certains aspects de la paléopathologie et sur les analyses de paléobiochimie concernant la détection des agents pathogènes. Plusieurs études posent en outre les jalons d’un corpus historique des crises épidémiques antiques en se fondant sur différents types de sources (textes littéraires, écrits médicaux et juridiques, documentation papyrologique etc.) et offrant ainsi la possibilité d’esquisser un bilan chronologique. Enfin certaines contributions offrent des études ciblées permettant de faire le point sur nos connaissances et de retrouver la perception, la conception et la narration des faits épidémiques anciens dans toute leur diversité. Outre les grandes épidémies (antonine, de Cyprien et de Justinien), une attention particulière a été portée à des épisodes moins connus relevant de la littérature historique, d’ouvrages savants, de la poésie et de la philosophie. L’ouvrage s’inscrit dans le cadre d’un programme ANR « Pestes et sociétés humaines : émergence, évolution et transformations bio-culturelles (ANR 19-CE 27-0012 PSCHEET, 2019-2025) ».
L’ouvrage est intégralement et librement disponible en ligne.
Cet ouvrage constitue la première partie de la palingénésie des senatus consulta de la Rome républicaine et impériale. C’est le fruit d’un travail de recherche collaboratif qui replace les sources antiques au centre du débat scientifique dans toute leur complexité, en commençant par la manière dont elles ont été créées et dont elles ont été transmises à travers l’histoire. Il présente la reconstitution et le commentaire des 328 décrets du Sénat romain promulgués entre 509 et 367 avant J.-C., une période importante marquée par la lutte décisive pour l’égalité entre patriciens et plébéiens. Même dans cette phase précoce de l’expérience juridique romaine, il est déjà possible d’entrevoir le noyau originel des mécanismes de fonctionnement de la res publica, notamment en termes de dialectique entre le Sénat et les magistrats, avec leurs conséquences pour le développement politique et institutionnel ultérieur de Rome.
Au même titre que Cléopâtre, la reine Zénobie est cette souveraine de l'Antiquité dont le mythe a assuré la célébrité. Qu'importe que le royaume de Palmyre, cité romaine, n'ait jamais existé, et qu'on sache peu de choses de la vie de sa reine supposée. Reste que, pendant les quelques années du IIIe siècle ap. J.C. où elle domina une partie de l'Orient, jusqu'à s'attribuer le titre d'impératrice, cette femme politique joua un rôle considérable au moment où la Syrie est prise entre l'ébranlement du pouvoir à Rome et la pression militaire des Perses Sassanides. Entourée d'une cour brillante où s'exercent des influences multiples, elle fit de Palmyre, pour un temps, l'épicentre du pouvoir et de l'intelligence. Enfin, elle fut aussitôt, après la ruine de Palmyre en 273, emportée par la légende, à la fois dans la tradition littéraire et artistique occidentale et dans l'historiographie arabe.
Ce sont ces différents aspects de la figure de Zénobie, de l'environnement politique et culturel dans lequel elle évolua et qu'elle contribua à façonner et de l'exploitation millénaire de son mythe sous des formes multiples qu'exposent les auteurs, dans une démarche originale conduite au plus près de la documentation qu'ils ont eux-mêmes travaillé à produire.



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