Au même titre que Cléopâtre, la reine Zénobie est cette souveraine de l'Antiquité dont le mythe a assuré la célébrité. Qu'importe que le royaume de Palmyre, cité romaine, n'ait jamais existé, et qu'on sache peu de choses de la vie de sa reine supposée. Reste que, pendant les quelques années du IIIe siècle ap. J.C. où elle domina une partie de l'Orient, jusqu'à s'attribuer le titre d'impératrice, cette femme politique joua un rôle considérable au moment où la Syrie est prise entre l'ébranlement du pouvoir à Rome et la pression militaire des Perses Sassanides. Entourée d'une cour brillante où s'exercent des influences multiples, elle fit de Palmyre, pour un temps, l'épicentre du pouvoir et de l'intelligence. Enfin, elle fut aussitôt, après la ruine de Palmyre en 273, emportée par la légende, à la fois dans la tradition littéraire et artistique occidentale et dans l'historiographie arabe.
Ce sont ces différents aspects de la figure de Zénobie, de l'environnement politique et culturel dans lequel elle évolua et qu'elle contribua à façonner et de l'exploitation millénaire de son mythe sous des formes multiples qu'exposent les auteurs, dans une démarche originale conduite au plus près de la documentation qu'ils ont eux-mêmes travaillé à produire.
Ancient cultures are studied through literary sources and artefacts, both of which are limited and often contradictory. Scholarly traditions often privilege one type of evidence over the other, depending on their research questions and the stories they want to tell. As a result, our understanding of the past may be shaped by bias. New archaeological discoveries force historians to rethink their views of the past. Missing evidence, though difficult to identify, can lead to educated guesses and a re-evaluation of previous ideas. However, over-reliance on a single dataset leads to the risk of overlooking important perspectives. While scholars have developed methods for dealing with insufficient data, methodological reflection on the subject is rare.
This volume presents case studies from ancient civilisations that explore how different types of missing evidence (e.g. missing, contradictory or neglected evidence) affect our perceptions of ancient cultures and shape the narratives we provide. Covering Southwest Asia, China, India, Greece, Etruria, early Christianity, Mesoamerica and Central Asian Buddhism, it invites scholars to compare the situation in their own fields to the state-of-the-art in others.
La copie est omniprésente, y compris dans le kitsch ou le commerce. Mais la copie touche également la philologie : en art, elle participe à la fois à la création et à la formation (elle en est l’une des méthodes pédagogiques principales) ; en philologie, elle assume un rôle irremplaçable dans la transmission. Il en découle naturellement une question de dénomination comme de périmètre : quel sens met-on finalement sous le terme de copie ; jusqu’où peut-on légitimement parler de copie ?
Pour répondre à cette double orientation (artistique et philologique) et aux questions de définition et de périmètre, le colloque de Genève (12-14 janvier 2023) a tenu à associer archéologie, histoire de l’art et philologie, des disciplines jusqu’ici traitées de façon indépendante.
Mais les contributions ici réunies attestent que ni l’époque, ni le caractère multiple, ni le degré d’indépendance vis à vis du modèle, ni même son support, ne suffisent à eux seuls pour décrire la force de la copie.
Le numéro 50 (2025) de la revue Ktèma vient de paraître. On y trouve un dossier d’articles sur la conservation des richesses dans l’Antiquité coordonné par Damien Agut-Labordère et Julien Monerie : il porte sur les moyens et endroits utilisés pour cacher et préserver ses biens, de Babylone à la Rome antique en passant par l’Égypte et le monde grec. Ce dossier est suivi d’une riche section de varia.
La revue est disponible en version imprimée sur commande et sur abonnement. Tous les articles sont versés peu après leur parution dans les archives de science ouverte HAL et Univoak. Deux ans après sa parution, l'intégralité du numéro est en libre accès sur Persée.
Dans ce numéro de la revue Archimède. Archéologie et histoire ancienne (direction : Sandra Boehringer, rédaction en chef : Airton Pollini), le premier dossier, dirigé par Daniela Lefèvre-Novaro, s’intitule « Chasse et rituels dans le monde grec. Approches archéologiques et historiques ». La chasse, l’une des activités humaines les plus anciennes et les plus largement attestées, a fait l’objet de nombreuses pratiques rituelles rythmant la vie collective dans le monde grec. Dès l’âge du Bronze récent, la chasse est l’apanage des élites qui construisent autour de cette activité, en particulier de la chasse au lion, un langage iconographique spécifique qui se retrouve des siècles après, par exemple, dans la mosaïque hellénistique de Pella. De la Crète minoenne à l’époque romaine, des exemples représentatifs de mythes, rites et cultes concernant la chasse sont analysés à travers des études croisant des approches archéologiques, iconographiques, historiques et textuelles.
Le second dossier, « De l’école au musée. Les collections de moulages et leur valorisation », dirigé par Arianna Esposito et Sophie Montel, rassemble les premiers résultats d’un projet de recherche – mené par les universités de Dijon et de Besançon – sur le recensement et la valorisation des collections de plâtres conservés dans les universités, les écoles et académies d’art et les musées de la région Bourgogne – Franche-Comté. Le contexte spécifique de ces collections régionales a posé les bases d’un dialogue scientifique sur les collections de plâtres, qui ne se limite pas aux collections des deux universités, et qui permet un échange d'expériences entre les différents acteurs, universitaires et conservateurs qui ont récemment contribué, par leurs travaux, au renouvellement des connaissances sur ces collections.
Enfin, le numéro offre également des Varia, coordonnés par Max Thomé et Laura Waldwogel.
Dans le champ de l’histoire des mentalités, le volume étudie le comportement de flatterie tel qu’il fut dénoncé par les penseurs antiques. Y sont examinés le concept, les pratiques et les relations entre le flatteur et le flatté dans la vie en société et dans les systèmes politiques.
This companion explores the discipline of Roman prosopography from a wide variety of perspectives. The study of people and their relationships and connections, both as individuals and groups, lies at the heart of research into Roman society and politics. The essays in this volume constitute an up-to-date guide to the practice and applications of Roman prosopography.
Part I covers the history of the field from the Renaissance to the Digital Age, while Part II outlines important methodologies and approaches. Part III, which is divided between the Republic, Principate and Late Antiquity, comprises eighteen chapters on key sources, themes and debates.
Comment les Grecs des cités antiques prenaient-ils connaissance des lois auxquelles ils devaient se conformer ? Longtemps, la réponse à cette question a construit de prétendus corpus de lois exhaustifs et hiérarchisés, qui auraient remplacé, à haute époque, les traditions rituelles héritées du fond des âges. Mais, si tel était le cas, comment comprendre que les inscriptions normatives des périodes archaïque et classique aient été conçues comme de possibles offrandes à une divinité et gravées sur les murs de temples ou affichées dans des sanctuaires ? De tels constats invalident l’hypothèse selon laquelle ces documents attesteraient l’essor d’une organisation politique strictement rationnelle car séparée de la sphère religieuse. En tenant compte du contexte spécifique de ces affichages, il s’agit ici de repérer toutes les traces d’oralité capables de dire le droit, depuis les actes de langage, comme les verdicts et les serments, jusqu’aux performances rituelles des poètes qui, à l’instar de Solon d’Athènes, prescrivent les bons comportements et dénoncent les malfaiteurs. On découvre alors autant de performances qui disent le droit en se plaçant sous la protection des dieux.
Amours platoniques, erôs, lesbiennes, orgies, hétaïres, androgynes, Ganymède et gitons : autant de termes qui expriment notre rapport à un passé antique imaginaire ou fantasmé. Cet ouvrage propose une enquête sur les formes de problématisations de la vie sexuelle des Anciens, développées en Occident aux XIXe et XXe siècles.
De la médecine à la philologie, de l’anthropologie à l’histoire, l’érotisme des Grecs et des Romains devient objet de savoir et d’érudition. Débats, censures, malentendus, grandes amitiés et controverses se succèdent dans le champ pourtant longtemps feutré de l’université. Alors que plus de vingt siècles nous séparent des hommes et des femmes de l’Antiquité, le sexe des Anciens ne cesse, semble-t-il, de nous concerner.
Une généalogie de la « sexualité antique » était donc devenue nécessaire. Elle prend ici le sens foucaldien d’une tentative de compréhension des discours modernes sur les aphrodisia.
Le nord de l’Anatolie correspond aux rivages septentrionaux de l’actuelle Turquie, bordés par la mer Noire, et à leur arrière-pays.
L’annexion de la Crimée en 2014 et l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022 par la Russie ont montré l’enjeu stratégique que représente encore la mer Noire, tant d’un point de vue politique que commercial et sécuritaire.
Le présent ouvrage vise à faire découvrir une région mal connue, grâce à des synthèses thématiques prenant en compte les avancées récentes de la recherche française et internationale.
Il expose comment la côte sud de la mer Noire a été un territoire stratégique dès l’Antiquité, avec la question de la colonisation grecque et du commerce du blé à travers les détroits du Bosphore et des Dardanelles, la question des dominations romaine, byzantine et turque, et l’intérêt des puissances étrangères comme Venise, Gênes, la France et l’Allemagne entre le xiiie et le xixe siècle. Au xxe siècle, cette région multiethnique a été, comme d’autres régions de Turquie, le théâtre d’effacement de populations par expulsion ou élimination collectives entre 1915 et 1923.
En raison de son histoire riche et complexe, mais aussi de sa géographie originale et ses paysages très verts, le nord de l’Anatolie a une identité culturelle bien marquée, qui alimente la création littéraire et la culture populaire : les blagues de la mer Noire sont aussi célèbres en Turquie que les blagues belges en France.
Cet ouvrage rassemble dix-sept contributions d'historiens, de géographes, de spécialistes de littérature (médiévale et contemporaine) qui ont permis d'étudier sur la longue durée une région méconnue, le nord de l'Anatolie, partie asiatique de la Turquie, rivage sud de la mer Noire.
Contributeurs : Marcel Bazin, Claire Barat, Françoise Rollan, Stéphane Lebreton, Jean-Louis Bacqué-Grammont, Faruk Bilici, Ségolène Débarre, Franck Prêteux, Jean-François Pichonneau, Luis Ballesteros Pastor, Christian-Georges Schwentzel, Jean-Louis Podvin, Georges Drettas, Aydin Özgören, Michel Bruneau, Marie-Geneviève Grossel et Ali Demir.
Résumé : Repenser la res publica, d’où vient (mais par quels détours, quels malentendus !) le terme moderne de « république », c’est, à travers l’expérience romaine antique, éclairer de grandes questions actuelles : qu’est-ce que le peuple ? Quelle part de conflictualité peut-on tolérer dans l’espace public ? La participation directe est-elle plus démocratique que le système représentatif, la liberté toujours désirable ? Quelle place reconnaître à l’Autre dans la cité ? Ou encore : comment un individu ou un groupe, en s’auto-proclamant défenseur de la grandeur de l’État, devient-il autoritaire… ?
En convoquant cinq grandes notions romaines (res publica, seditio, populus, libertas, societas), cet ouvrage met la politique à l’épreuve de la langue latine et les concepts en tension avec les pratiques et les conflits de sens. Il analyse aussi quelques-unes de leurs reconfigurations dans d’autres périodes et selon d’autres enjeux, non pour établir des continuités ou des ressemblances, mais pour affiner les questions et faire comprendre l’importance de la référence au passé pour appréhender les défis contemporains.
Résumé : Infirme de naissance, Claude (10 av. n.è./54 de notre ère) a subi moqueries et marques de mépris au point d’être privé de carrière publique durant les premières décennies de sa vie. C’est pourtant lui qui devient le quatrième empereur de Rome en 41, dans le contexte trouble de l’assassinat de son prédécesseur et neveu, Caligula. De cet avènement inattendu découle l’image d’un Claude faible et influençable, ballotté par les hasards de l’existence et de la politique. Claude est à la fois tout cela et rien de cela. Afin d’élucider ce paradoxe, il convient d’appréhender les trois peaux qui donnent vie et consistance à cette figure impériale : l’homme, l’empereur et le personnage qu’il est devenu pour la postérité. Dépendant des lacunes et de la partialité des sources, l’historien n’est bien sûr pas en mesure d’accéder à l’intimité et au quotidien d’un individu mort voilà près de deux mille ans. Il peut malgré tout entrevoir quelques-uns des pans constitutifs de sa manière d’être, de penser et d’exercer le pouvoir. En la matière, son action est riche : il a amorcé la conquête de Britannia, rationnalisé le fonctionnement de l’administration impériale ou encore renforcé les liens entre Rome et son Empire en faisant de la citoyenneté romaine un levier d’unification et d’intégration. Sans doute est-ce pour toutes ces raisons que l’historien britannique Courtenay Edward Stevens a un jour affirmé que Claude était « le premier empereur romain ».
En tentant de combler le fossé entre le passé et le présent du mythe du gladiateur rebelle, cette biographie se propose d’examiner ses mille visages, des origines jusqu’à l’époque contemporaine. Dans une première partie, l’auteur s’attache à raconter l’histoire de la révolte de Spartacus à partir des sources antiques, en prenant en compte aussi les dernières découvertes archéologiques. Dans une seconde partie, sont analysées des œuvres théâtrales, littéraires et cinématographiques des différentes périodes historiques qui ont contribué à forger le mythe : le siècle des Lumières, l’époque de l’abolition de l’esclavage, le « printemps des peuples » du milieu du XIXe siècle, l’âge des révolutions socialistes de 1870 à 1917, la période de la « chasse aux sorcières » des années 1950 aux États-Unis.
Mireille Corbier (
Si de nombreuses publications ont porté sur le statut de la culture hellénique sous la République romaine, les rapports entre les Romains et les Grecs avec lesquels ils avaient des contacts professionnels ou qui faisaient partie de leur entourage proche restent largement inexplorées, y compris le degré de considération ou de mépris que les Romains éprouvaient à l’égard de ces Grecs. C’est donc l’objet de ce livre que de mettre en lumière et d’analyser les relations interpersonnelles que les Romains nouèrent avec des Grecs, à commencer par ceux qui vivaient en Grande Grèce, sur le sol même de l’Italie. Puis, lorsqu’ils commencèrent à remporter des victoires sur les rois hellénistiques, les Romains firent-ils une distinction entre l’hellénisme et le peuple grec qui leur était contemporain pour mieux assumer l’héritage de l’un sans s’encombrer de l’autre ? Firent-ils une différence entre Grecs de Grèce, d’Italie et d’Orient ? Quelles relations les aristocrates romains en particulier avaient-ils avec des Grecs ? Le statut social était-il le facteur prédominant dans le choix de ces formes de sociabilité ? Ces questions trouveront quelques éléments de réponse dans ce premier volume qui traite de la période comprise entre le IVe s. a.C. et la fin de la République, à la toute fin du Ier s. a.C.
Auguste côtoya au quotidien les aristocrates, qui s’opposèrent à lui ou l’assistèrent, voire le conseillèrent pour l’aider à s’emparer du pouvoir, puis à le conserver. C’est à ce groupe social et à ses relations avec Auguste que ce livre est consacré. Il cherche à faire mieux comprendre comment les aristocrates vécurent en leur for intérieur la chute de la république et l’avènement d’un nouveau régime monarchique en sélectionnant en guise d’échantillon les trajectoires de neuf aristocrates à partir du critère de l’appartenance à une génération, définie comme une expérience commune de vie.
La première génération, celle d’Auguste, fut marquée par les guerres civiles, qui la traumatisèrent. Ses membres eurent à faire des choix quand il s’agit de se rallier à tel ou tel imperator. Il en allait de leur survie et de leur patrimoine. La deuxième génération, née au cours de la décennie qui précéda la bataille d’Actium en 31 av. J.-C. ou qui la suivit, ne connut que la paix civile et la figure du princeps pour la garantir. Son comportement oscilla entre la nécessité de faire l’éloge du prince et celle de défendre le prestige de la famille. La troisième génération, celle des années 10 et de la dernière décennie av. J.-C., se définit par un événement fondateur, la première succession impériale, qui vit Tibère devenir princeps à la mort d’Auguste. Cette dernière époque augustéenne est étudiée à travers le regard d’une matrone et de trois enfants.
Les neuf trajectoires sont les suivantes : L. Munatius Plancus, M. Valerius Messala Corvinus, L. Tarius Rufus, Cn. Calpurnius Piso, Paullus Fabius Maximus, Aemilia Lepida, Domitius, Domitia et Galba quand il était un enfant.
Raconter et comprendre l’histoire économique et sociale de la France, des origines de son peuplement jusqu’aux développements les plus récents, tel est l’objectif qui a rassemblé les quelque soixante-dix spécialistes – historiens, économistes, mais aussi archéologues, préhistoriens, géographes, politistes et sociologues – qui signent collectivement ce texte sous la direction de Catherine Virlouvet et de Pierre-Cyrille Hautcœur.
De la Préhistoire à nos jours, et portant d’abord leur attention sur les ressources, naturelles et humaines, les auteurs envisagent les activités et les échanges, mais aussi les institutions politiques et religieuses en ce qu’elles ont influencé et structuré l’économie et la société française, sur la longue durée, et jusque dans son quotidien. Un portrait original et passionnant de la France et de ceux qui l’ont habitée.
Les actes du colloque qui fut consacré à Athènes en 2022 aux Crises, effondrements et rétablissements de l’autorité séleucide s’inscrivent dans une réflexion de long terme sur le royaume séleucide et son fonctionnement. Cet ouvrage étudie la notion de crise et sa pertinence pour comprendre l’histoire des Séleucides.
Première synthèse de l’histoire des cavaleries grecques à l’époque hellénistique, cette enquête éclaire les dynamiques politiques, militaires et sociales ayant placé la culture équestre au cœur de la formation des États hellénistiques.
Philippe II et Alexandre le Grand ont bouleversé les équilibres politiques et militaires du monde grec classique. En développant une pensée militaire fondée sur la coordination des armes et non sur le primat de l’infanterie, ils ont donné à la cavalerie une importance tactique nouvelle. L’épopée d’Alexandre inaugure une conception de la guerre dans laquelle les chevaux sont des acteurs essentiels, infléchissant la stratégie et la logistique de campagne. Dès lors, la production, la formation et la remonte des chevaux de guerre constituent des enjeux de la construction des royaumes hellénistiques. Les cités emboîtent le pas aux monarchies avec leurs ressources, réformant leurs cavaleries, ce qui implique de trouver des chevaux mais aussi des hommes capables de les monter et de les entretenir. Le consensus social établi entre les autorités civiques et les élites cavalières diffère fortement d’une cité à l’autre en fonction de la culture équestre locale, c’est-à-dire des usages, pratiques et représentations des hommes de cheval mais aussi du cadre politique, économique et social de la cité. Les cultures équestres régionales ont donc en partie déterminé la capacité des cités à développer leurs cavaleries, mais, en retour, les mutations politiques et militaires de l’époque hellénistique ont considérablement influencé la culture équestre des élites en renouvelant leurs pratiques et en l’associant plus fortement qu’avant aux destinées politiques de la cité, à ses valeurs et à son système de représentation.
L’équipe éditoriale de Bellica. Guerre, histoire et sociétés, dans son ensemble, est heureuse de vous annoncer la parution de son second numéro coordonné par Simon Cahanier et Mathieu Engerbeaud, et est particulièrement fière qu’il soit consacré aux jeunes chercheuses et aux jeunes chercheurs.
Il est disponible dès à présent sur le site de la revue (voir lien ci-dessous).
Dans le discours En l’honneur de Rome, l’orateur grec Aelius Aristide pose un regard perspicace et subtil sur l’Empire romain à son apogée (144 après J.-C.). Il loue l’efficacité politique et militaire des autorités romaines, tout en faisant valoir les droits des sujets grecs, grâce à un riche appareil de références culturelles qui se superpose et se combine à l’analyse du présent historique. Cet ouvrage, dont l’importance est reconnue, jette ainsi un éclairage intéressant sur l’histoire de l’Empire romain, sur la vision grecque de Rome et sur les fonctions de l’éloquence épidictique dans la vie politique de l’Antiquité. Cependant, le texte grec n’était plus imprimé en France depuis 1619 et la dernière édition critique, publiée à Berlin, remontait à 1898. Dans la présente édition, la mise en œuvre des méthodes et des instruments actuels de la recherche permet d’offrir un texte nouveau et plus sûr. La traduction cherche à rendre la qualité littéraire du discours ainsi que les significations complexes et, pour une part, obliques qu’il renferme. Un commentaire continu explicite l’interprétation historique, rhétorique et philologique.



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