Sous ce lien et ci-dessous
Paris, le 8 avril 2026
Communiqué d’historiens, d’historiennes et d’archéologues contre la loi « Yadan »
Alors que la liberté d’expression et la liberté académique sont mises à mal en France de façon insistante et répétée, un projet de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » (loi « Yadan ») sera soumis au vote de l’Assemblée nationale le 16 avril prochain.
Le texte constitue une grave entrave à la liberté d’expression et à la liberté académique, clairement analysée par le bureau de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme dans sa lettre adressée aux députés le 22 janvier dernier : https://sophau.umlp.fr/images/PPL_YADAN_Lettre_PSDT_RKJ_JMB.pdf En notre qualité d’historiens, d’historiennes et d’archéologues, nous affirmons notre attachement à la liberté de pensée, d’expression et de recherche au sein de la communauté universitaire et, au-delà, dans l’espace public, quels que soient les sujets. Nous appelons la représentation nationale à rejeter le projet de loi « Yadan » le 16 avril prochain.
Société des Professeurs d’Histoire Ancienne de l’Université (SoPHAU)
Collectif Aggiornamento histoire-géo
Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire (CVUH)
Société Française d’Archéologie Classique (SFAC)
Le bureau reproduit ci-dessous le texte diffusé par le Collège des Sociétés Savantes Académiques de France (CoSSAF) dont la SoPHAU est partenaire : il analyse le projet de décret que le gouvernement souhaite faire appliquer à la rentrée et encourage à écrire au plus vite aux députés et sénateurs pour demander l’abandon de ce décret. La SoPHAU soutient cette démarche.
Projet de décret ici
Communiqué du CoSSAF
À la rentrée 2024-2025, ces frais s’élevaient à 2 850 euros par an pour une licence et à 3 879 euros par an pour un master, contre 175 et 2450 euros pour des étudiants français ou communautaires.
Avant ce projet, les universités pouvaient dispenser partiellement ou totalement 10% de leurs étudiants de frais d’inscription. Dans les faits, comme il y a environ 3 millions d’étudiants en France, plus de 90 % des étudiants extra-communautaires qui auraient dû payer des frais d’inscription différenciés (environ 111 000) en ont été dispensés.
Le projet de décret garde le chiffre de 10% mais change l’assiette de ce calcul : les 10% sont maintenant calculés sur les seuls étudiants extra-communautaires. Au lieu de 90% d’étudiants dispensés, il n'y en aura donc plus que 10%.
Outre le fait que cette augmentation subite va créer des conditions extrêmement difficiles voire dramatiques pour les étudiants déjà engagés dans un cursus et qui n’ont pas forcément les moyens de payer leur réinscription l’an prochain, cette décision entraînera probablement des conséquences non négligeables sur la place de la France dans le monde et sur le marché de l’emploi en France.
Former les élites de pays émergents, notamment africains (>50 des étudiants extracommunautaires) est un instrument important de softpower. Or l’investissement de la France dans les pays émergents est déjà en baisse (alliances françaises, lycées français). La fréquentation des lycées français et des alliances françaises (qui doivent s’auto-financer par des cours) est souvent motivée par la poursuite d’études en France. Une baisse de l’attractivité des universités françaises (déjà concurrencées par celles d’autres pays, et maintenant chères) aurait pour effet de fragiliser la place de la France en Afrique.
En France, la baisse démographique implique un recours de plus en plus fort à de la main d’œuvre extracommunautaire fortement qualifiée. Le vieillissement de la population met nécessairement en tension le système de soins en France, dont un nombre croissant de professionnels (médecins, infirmiers, aides-soignants) sont d’ores et déjà extra-communautaires. Au moment où l’on manque de médecins, plus de 10000 étudiants extra-communautaires sont inscrits en médecine. Est-ce le moment de les décourager de venir ou de rester ? Ce phénomène n’est pas restreint aux professions médicales.
L’État espère que cette mesure rapportera 250 millions d’euros aux universités à un horizon de 2 ou 3 ans, soit environ 2.5% du Crédit Impôt Recherche dont l’effet sur la dépense et la performance R&D globale des entreprises est très contesté. A-t-on vraiment envie de prendre tant de risques pour un gain financier aussi dérisoire ? Doit-on voir dans ce décret autre chose qu’une tentative désespérée de trouver un peu d’argent pour une Université dont le financement ne fait pas partie des priorités gouvernementales ?
Paris, 29 avril 2026
Collège des Sociétés Savantes Académiques de France
Ci-dessous le communiqué du bureau de la SoPHAU :
Ci-joint le communiqué rédigé par le bureau de la SoPHAU face à la gravité de la situation.
Paris, 18 septembre 2025
Sont aussi signataires du texte :
Association des Professeurs d'histoire et géographie (APHG)
Collectif Aggiornamento Histoire Géographie
La SoPHAU, réunie en assemblée générale le 13 juin 2025 à l’université Bourgogne Europe (Dijon), réaffirme son attachement à la formation disciplinaire approfondie des futurs enseignants du second degré et à leur recrutement au niveau master par concours national. Elle dénonce plus généralement les transformations actuellement à l’œuvre dans l’Enseignement supérieur et la Recherche et le projet de généralisation des COMP (Contrats d’Objectifs, de Moyens et de Performance) à la rentrée 2026, visant à favoriser les politiques de site, l’ouverture des formations sur la base de taux d’insertion professionnelle à l’évaluation biaisée et une fonction utilitariste et strictement régionale des universités.
Motion votée à l’unanimité lors de l’Assemblée générale de la SoPHAU du vendredi 13 juin 2025.
Accès ci-dessous au texte du communiqué :
https://sophau.univ-fcomte.fr/images/Communiqués_SoPHAU/Communique_20250331.pdf
Communiqué approuvé depuis par la SHMESP et H2C.
La SoPHAU, la SHMESP, l’AHMUF et H2C ont fait part, le 31 janvier 2025, de leur opposition commune aux politiques ministérielles et aux « Key Labs » dans le communiqué suivant.


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