Ce volume rassemble les textes de dix communications données à Montpellier entre 2021 et 2023 dans le cadre du séminaire de recherche Ipse Dixit, consacré à l’historiographie des sciences de la Méditerranée antique. Ces contributions en histoire, archéologie, égyptologie ou numismatique abordent chacune une problématique et sa conceptualisation par les chercheurs sur le temps long, dans une réflexion sur la construction d’un concept ou d’une discipline par l’historiographie du siècle dernier, ou plus ponctuellement, par l’analyse de l’apport d’un grand savant actif entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle.
L’ouvrage complet est accessible en accès libre sur CAIRN (articles téléchargeables au format PDF).
Les nouvelles fondations en Italie méridionale constituent un contexte privilégié pour étudier l’organisation des espaces des cités grecques, tant urbains que ruraux. La question de la frontière est ainsi un sujet qui permet d’analyser les différents défis auxquels les citoyens grecs ont été confrontés. Quelle pouvait être la conception des limites de l’occupation des terres par les Grecs dans un contexte colonial ? Y a-t-il une différence de perception de la frontière selon que l’on s’oppose à une autre cité grecque, à une communauté italique organisée en cité comme les Étrusques ou aux populations indigènes d’Italie ayant d’autres formes d’organisation ?
Telles sont les questions auxquelles cet ouvrage tente d’apporter des réponses en examinant les sources écrites, archéologiques et iconographiques. Hérodote, Diodore et Strabon permettent d’appréhender les conceptions intellectuelles de la frontière et d’analyser un imaginaire où le relief naturel est investi de légendes et de créatures fantastiques. Sont aussi pris en compte les vestiges archéologiques provenant de la campagne de trois cités achéennes, Sybaris, Métaponte et Poseidonia-Paestum, une place d’exception étant réservée au sanctuaire d’Héra de l’embouchure du Sele. La culture matérielle permet de suivre les évolutions et les interactions entre les Grecs et les autres populations, aboutissant à des frontières dynamiques et plurielles.
À l'occasion du bicentenaire de la naissance d’Auguste Mariette (Boulogne-sur-Mer 1821 – Le Caire 1881), nous avons souhaité revenir sur sa personnalité, mais aussi nous interroger sur la place qu’il a tenue dans cette science nouvelle, l’égyptologie, qui en était alors à ses balbutiements, une trentaine d’années après le déchiffrement des hiéroglyphes par un autre Français, Jean-François Champollion.
Il existe des biographies d’Auguste Mariette, mais aucun ouvrage ne traite de la place de son œuvre dans l’histoire politique et culturelle de l’Égypte au XIXe siècle et dans celle des découvertes archéologiques.
Ce livre bénéficie d’une approche diversifiée et pluridisciplinaire (archéologues, historiens, conservateurs et muséographes aussi bien français qu’étrangers) et de sources archivistiques inédites : vingt-quatre intervenants de différents horizons géographiques et professionnels ont contribué à cet ouvrage en présentant de nouveaux documents ou points de vue.
Avec le destin de Juba II se joue celui de l’Afrique face à Rome. Il n’est encore qu’un enfant lorsque la Numidie, royaume de son père, tombe devant César. Le nouvel homme fort de l’empire le ramène, tout jeune captif, en Italie. C’est là que le petit prince orphelin grandit, au plus près de la famille du futur empereur Auguste. L’avenir de Juba est désormais aux mains du premier des Romains, qui décide opportunément de lui confier à l’âge adulte un nouveau royaume en même temps qu’il lui donne pour épouse Cléopâtre Séléné, fille de la grande Cléopâtre et d’Antoine.
Avec elle à ses côtés, Juba II fait roi entreprend désormais d’écrire une nouvelle histoire pour l’Afrique. Loin de se contenter d’être un simple fondé de pouvoir de Rome, le souverain, en passe de devenir l’un des plus grands érudits de son temps et fort de sa culture hellénistique, aspire résolument à faire jouer à son royaume un rôle inédit dans l’histoire du nord de l’Afrique et de la Méditerranée, sur lesquelles l’Empire romain a déjà étendu ses filets.
Élevé à Rome il en sait le prix, mais il a aussi pour arme l’éducation qu’il y a reçue et l’identité qu’il se construit. Tenu par sa fidélité à l’empereur, quel chemin prend alors sa liberté ? La réponse, complexe, tient au destin singulier du roi.
Son récit, encore empreint d’une grande part d’ombre, fut aussi chargé des préjugés modernes qui, entre la violence de la colonisation et les indépendances retrouvées, ont marqué les relations entre l’Europe et le Maghreb. Le portrait de Juba II est à multiples facettes, sur lesquelles cet ouvrage jette une nouvelle lumière.
Attesté depuis l’Antiquité, le tirage au sort est une pratique dont l’histoire s’inscrit dans la longue durée. Dès l’Iliade et les autres épopées, parce qu’il reposait sur le hasard et l’intervention des dieux, il était opposé, philosophiquement et concrètement, au choix des hommes, que celui‐ci fût fondé sur la raison et la délibération, le vote ou le bon vouloir personnel. C’est à cette procédure à la fois fréquente et commune dans le bassin méditerranéen antique que ce volume est consacré. Au travers de dix-huit contributions, il esquisse une réflexion collective sur les usages politiques, religieux, administratifs et ludiques qui étaient prêtés à la sors.
L’enquête débute avec les mondes grec et italien des époques archaïque et classique et conduit le lecteur jusqu’à la Rome républicaine et impériale, espace et époques pour lesquels la sortitio n’a à ce jour pas reçu encore l’attention qu’elle mérite. En prenant le parti d’une démarche diachronique et comparatiste, ce volume cherche à mettre en lumière les différentes significations et vertus attachées au tirage au sort en fonction des régimes qui y eurent recours et de leur culture politique. Pourquoi les Romains, comme tant d’autres peuples antiques, choisirent-ils de laisser une telle place au hasard dans la conduite des affaires de la cité ? Au-delà des enjeux propres à l’histoire ancienne, l’ouvrage s’inscrit dans une réflexion contemporaine. Il veille tout particulièrement à donner une profondeur historique et anthropologique au débat actuel sur la réintroduction du tirage au sort dans le contexte d’une crise de la « représentativité » que connaissent actuellement les démocraties occidentales.
Le livre est intégralement disponible en accès ouvert.
[Annonce transmise par la CUSGR]



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