Coordination : Maxime Emion (LLSETI, Université Savoie Mont Blanc) et Charles-Alban Horvais (ANHIMA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Dans son sens premier, la frontière appartient au domaine militaire : elle désigne la zone de front, le front de conquête. Le prochain numéro de la revue Frontière·s entend
revenir sur ce sens originel, en s’intéressant aux
« sociétés de frontière » nées dans et de ce contexte particulier d’interactions. La notion trouve son intérêt en
ce qu’elle permet d’analyser sur le temps long des sociétés complexes caractérisées par des phénomènes
d’échanges et d’acculturations, sans écarter la dimension fondamentalement conflictuelle qui préside à leur émergence. En effet, les sociétés de frontière, qui s’inscrivent dans des zones davantage que le long de lignes nettes, résultent aussi bien de processus de négociations, d’hybridations et de métissages que de rapports de force,
de mécanismes de domination et d’interactions violentes.
En fonction des contextes et des échelles d’analyse, on peut donc les percevoir autant comme des sociétés de
l’entre-deux, produit des échanges, des ententes et
des accommodations caractéristiques des zones de
contact, que comme des sociétés du face-à-face, des violences réciproques, ancrées d’un côté ou de l’autre d’une limite plus ou moins affirmée par les discours et les pratiques.
Date de clôture de l’appel : 30 avril 2027



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